Where did you get those big eyes? My mother. And where did you get those lips? My mother. And the loneliness? My mother. And that broken heart? My mother.
And the absence, where did you get that? My father.
- Warsan shire
L’absence d’un père. La non présence d’une figure symbolique étayante. La quête perpétuelle de quelque chose qui viendrait combler ce manque. L’objet du désir que l’on ne saurait définir parce qu’on ne le connait pas. Peut être qu’il s’agit de l’amour? Peut être que le manque vient de là? L’absence d’un père . Parce que dans la famille idéelle, la présence d’un père pourvoie une initiation à la vie. Mais l’absence d’un père signifie-t-il absence d’amour? Je ne suis pas sûre. Sans amour on ne vit pas. Ou que très peu. Sans amour on ne crée pas. C’est indubitable. L’art naît de là. De la sublimation de l’absence. Du manque. De la capacité a être seul et de créer avec le vide. Il faudrait s’en détacher quelque part, de cette quête de ce quelque chose qui existe et qu’on ne connaît pas. De la souffrance que le manque injecte dans le corps. Les pères absents deviendraient alors ces héros malgré eux qui apprennent que l’amour n’est pas quantifiable, qu’il ne s’agit pas d’une compétition à celui qui montrerait le plus de marque d’affection, que l’amour n’est pas un objet de consommation. Que le vide en soi est la tempête qui permet en fin de se retrouver. On ne remplit pas un être d’amour. Ça n’existe que dans les films de mauvais goût. On l’aime suffisamment pour qu’il puisse grandir, s’épanouir et s’aimer soi même. On l’aime assez pour qu’il puisse devenir un père suffisamment bon pour lui même. Et c’est peut être là l’essentiel.